MA VILLE quoi de jeune
-> La parentalité sans violence : pourquoi et comment ?
-> Théâtre et portes ouvertes
-> Parents et enfants se donnent la main !
-> Un arbre pour les nouveaux-nés de 2009
-> Succès des Semaines de la prévention


La parentalité sans violence : pourquoi et comment ?


Les trois intervenants de la conférence-débat
 

Les Journées Petite Enfance, qui se sont déroulées du 25 au 29 novembre dernier, étaient en plein dans l’actualité (le débat sur la proposition d’interdire la fessée en France) avec le thème « Pour une parentalité sans violence ». D’ailleurs, Olivier Maurel, auteur de « La fessée », était l’un des trois intervenants lors de la traditionnelle conférence d’ouverture, le jeudi soir, aux côtés de Catherine Guéguen, haptothérapeute, et d’Isabelle Filliozat, psychothérapeute. La politique petite enfance de Lambersart étant réputée bien au-delà de la ville, comme d’habitude, la salle Malraux était comble.

En introduction, Marie-Claude Chasseing, adjointe à la petite enfance, a souligné que les mots « sécurité, bienveillance, confiance et fermeté » réunissaient les invités. « ‘’Sans violence’’ n’est pas synonyme de tout laisser faire », a-t-elle avancé avant de rappeler l’adoption si importante par l’ONU, il y a 20 ans, de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Les trois conférenciers se sont exprimés tour à tour. Catherine Guéguen a reconnu : « nous savons que transmettre des valeurs et des limites peut se faire en douceur, mais le vivre au quotidien, c’est le grand défi ». Elle a expliqué comment la violence éducative pouvait s’installer : fatigue des premiers mois, petites tapes quand l’enfant tire les cheveux, punitions et fessées à l’arrivée des colères à 2 ans. Sentiment d’impuissance, sentiment d’incompréhension peuvent être combattus en connaissant mieux le cerveau du tout-petit. La recherche a beaucoup avancé sur ce sujet : « un tout petit est dominé par son cerveau archaïque et ses émotions, la partie de son cerveau consacrée à la pensée et à la raison est très immature jusqu’à 5 ans ». On sait même que « les mauvaises pratiques éducatives peuvent être très délétères pour le cerveau ». Enfin, elle a détaillé le rôle important de prévention de l’haptonomie, qui apprend à toucher avec bienveillance, et a souligné ce qui peut sembler une évidence : « une des clés de la réussite, pour un parent, est de prendre le temps de se poser avec son enfant ».

La violence éducative

Olivier Maurel a résumé l’histoire, assez effrayante, de la violence éducative, de par le monde et en France… « Ce que nous appelons maltraitance aujourd’hui était dans le passé la bonne éducation, car quand une société pense que l’homme est mauvais, qu’il y a un péché originel, il faut le dompter… Une sorte de dressage du cerveau. Nos gifles et fessées d’aujourd’hui sont des vestiges ». Et de rappeler que « la violence physique est aussi psychologique, car c’est humiliant ». Pour lui, cette violence éducative n’est pas innée, « elle vient de ce que nous avons subi ». Au contraire, elle met à mal ce que nous avons d’inné : l’attachement, l’imitation, l’empathie. « Un enfant qui subit des violences va s’endurcir et perdre ce sentiment d’empathie avec autrui qui l’empêche de faire souffrir ». Bref, « ce qui se passe dans l’intimité des familles se retrouve dans la société ».

Enfin, Isabelle Filliozat s’est faite provocatrice pour lancer : « et si au lieu d’interdire, nous donnions des informations sur ce qui se fait ou pas dans la société, sur ce qui est dangereux ou pas, si nous posions des règles positives… », a-t-elle avancé à partir de son expérience personnelle. « Ainsi l’enfant apprend à être responsable. » Elle a aussi insisté sur l’interprétation que nous donnons aux faits et gestes de l’enfant : « l’enfant ne fait pas les choses contre vous. Il cherche à exister, à grandir. Il y a des raisons à ce qu’il fait. Dans mon travail, il s’agit d’identifier ces raisons. La violence envers un enfant va faire un adulte moins intelligent, moins ouvert, moins confiant ». Et sur ce fait, les intervenants étaient tous d’accord !



Théâtre et portes ouvertes

 

Au programme des Journées Petite Enfance 2009 figurait aussi le traditionnel spectacle de théâtre-débat proposé par l’association Imagine. Les comédiens ont fait deux fois salle comble avec le spectacle « Du point de vue de… » mis en scène par Marie Liagre. On y évoquait, comme d’habitude avec humour mais surtout avec une pertinence marquée du sceau de l’expérience, la relation parents-enfants et l’héritage familial.

Lors des ateliers adultes du samedi après-midi, au centre Jules Maillot, on a pu discuter par groupes, avec des intervenants sur les thèmes : « Et si bébé pleure », « Permis, pas permis », « Quand les parents craquent », « Quand le comportement de vos enfants vous exaspère »…

Enfin, il faut signaler aussi les opérations portes ouvertes, durant ces Journées, des ludothèques municipales, du relais parents-assistantes maternelles, du café des parents, de la bougeothèque, et des lieux d’accueil parents-enfants. Autant de structures municipales qui participent au succès de la politique petite enfance de la ville de Lambersart.

 


Parents et enfants se donnent la main !


Le bal des tout-petits au Colysée.
 

Au centre Jules Maillot, la matinée du samedi consacrée aux ateliers dans le cadre des Journées Petite Enfance a été l’occasion pour parents et enfants de participer à des activités communes. Les ateliers qui ont tous tourné autour du thème « pour une parentalité sans violence » ont résonné de cris d’enfants. La joie du jeu et l’éveil corporel étaient au centre de la matinée, grâce aux ludothèques, l’association la Sauce ou l’Université de Paix. Mais aussi, place à l’émerveillement dans l’atelier « comptine » de Marion Cailleret et à la douceur à l’atelier des massages bébés animé par Parole de Main.

Dans le grand hall du centre, l’exposition, qui figurait également dans l’entrée de la salle Malraux pour la conférence du jeudi, présentait au travers d’une balade dans une forêt symbolique des infos utiles pour les parents : comment prendre soin de son enfant, de son histoire. L’expo permettait également de glaner des infos sur le fonctionnement du cerveau des petits… Une mine de renseignements pour appréhender l’éducation des enfants sans violence !

Le lendemain dimanche, au Colysée, dans le cadre des 5 ans du lieu, un autre temps fort parents-enfants était proposé, avec un bal animé par Annie Masson. De quoi clore ces Journées Petite Enfance d’une manière festive !



Un arbre pour les nouveaux-nés de 2009

 

Désormais, à Lambersart, chaque année, les nouveaux-nés auront leur arbre ! Le dimanche 6 décembre dans le parc de l’hôtel de ville, en présence de nombreux bébés nés cette année et de leurs parents, malgré un temps pluvieux, a été planté le premier arbre en l’honneur des naissances de 2009 (311 à cette date). Il s’agit, comme l’a précisé Roseline Musmeaux, adjointe déléguée à la politique de l’arbre, d’un Ostrya Japonica, autrement dit charme-houblon, un arbre originaire d’Asie, à la floraison blanche et abondante qui produit une belle coloration automnale. Marie-Claude Chasseing, adjointe à la petite enfance et à la famille, a quant à elle rappelé le succès des Journées Petite Enfance, et souligné le symbole de l’arbre qui pousse comme l’enfant qui grandit. Autre symbole, l’arbre planté remplace un arbre qui a dû être abattu pour cause de maladie. « La vie continue », a noté Mme Chasseing, avant d’ajouter : « dans quelques années, vos enfants voudront voir comment se porte leur arbre et gageons qu’à travers celui-ci, c’est un regard protecteur qu’ils auront pour leur environnement ». Marc-Philippe Daubresse a insisté sur le fait que « désormais, les enfants lambersartois sauront qu’ils ont un arbre ». Il a conclu : « un arbre est comme une personne, il vit, il grandit, il faut le respecter et s’en occuper ».


Succès des Semaines de la prévention


 

Comme chaque année, les semaines de la prévention se sont déroulées dans les établissements scolaires de la ville. Tous les niveaux ou presque étaient concernés. Ces semaines ont débuté en octobre par des contrôles routiers effectués par la Police municipale pour les 2 roues aux abords des collèges et lycées. Ces contrôles permettent d’année en année de faire régresser les 2 roues non conformes. En novembre et décembre, d’autres actions se sont déroulées : sensibilisation des élèves de 8-9 ans aux dangers du piéton, sensibilisation des élèves de 5e aux dangers de la circulation en deux roues, intervention dans les classes de 3e et de seconde sur les conduites à risque et les addictions, et enfin sensibilisation des lycéens de première et terminale aux risques des maladies sexuellement transmissibles.

En plus du contrôle des deux roues, plus de 1500 jeunes Lambersartois ont été concernés par ces semaines. Bien sûr, tout cela ne pourrait se dérouler sans la police municipale, l’implication des chefs d’établissements, et le partenariat avec la Police nationale et l’association Stop Sida.